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Désolidarisation prêt immobilier : démarches & frais

Guide du crédit immobilier12 min de lecture15 mai 2026
Désolidarisation prêt immobilier : démarches, frais et solutions
L'essentielRésumé de l'article
La désolidarisation d'un prêt immobilier consiste à retirer un co-emprunteur du crédit en cours, avec l'accord de la banque. Elle nécessite un acte notarié (7 à 8 % de la part rachetée pour un bien ancien, 2 à 3 % pour un bien neuf), des frais de dossier d'avenant et le règlement éventuel d'une soulte. La banque peut refuser : dans ce cas, des alternatives existent.
  • L'accord de la banque est indispensable. Sans son feu vert, la clause de solidarité reste applicable.
  • Le repreneur doit prouver sa capacité d'emprunt seul (taux d'endettement ≤ 35 %).
  • Comptez 1 à 6 mois entre la demande et la signature de l'avenant.
  • L'assurance emprunteur passe en quotité 100 % sur le repreneur, ce qui augmente la cotisation.
  • Si la banque refuse, le leasing immobilier Hestia permet de conserver le logement sans nouveau prêt classique.
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Une séparation, un divorce, parfois un simple changement de vie, et soudain ce prêt immobilier signé à deux devient un sujet à régler. Comment retirer un co-emprunteur du crédit ? À quel coût ? Et surtout, que faire si la banque dit non ?

La désolidarisation est la procédure officielle. Elle libère l'un des deux signataires de son engagement de remboursement, à condition que l'autre reprenne seul la totalité du prêt et que la banque valide. Sur le papier, l'opération est connue. Dans la pratique, elle se heurte souvent à deux obstacles : le coût (notaire, soulte, frais bancaires) et l'accord de la banque, qui n'est jamais automatique.

Dans ce guide, vous allez comprendre :

  • Ce que recouvre exactement la désolidarisation et son cadre juridique
  • Les démarches précises à suivre, étape par étape, avec un modèle de lettre prêt à recopier
  • Le détail chiffré des frais à prévoir (notaire, soulte, dossier, IRA, garantie)
  • Les motifs précis de refus bancaire et les recours possibles
  • Les alternatives concrètes lorsque la désolidarisation classique n'aboutit pas

Qu'est-ce que la désolidarisation d'un prêt immobilier ?#

Définition et clause de solidarité#

Lorsque vous signez un prêt immobilier à deux, l'offre de prêt comporte presque systématiquement une clause de solidarité. Elle prévoit que les deux co-emprunteurs sont solidairement responsables du remboursement intégral : si l'un ne paie pas, la banque peut réclamer la totalité à l'autre. Cette solidarité ne s'éteint pas avec la séparation, ni avec le départ du logement, ni avec un accord privé entre conjoints.

La désolidarisation est l'acte juridique et bancaire qui met fin à cet engagement pour l'un des deux. Elle suppose deux choses : un acte notarié qui acte le transfert de propriété (l'un rachète la part de l'autre, souvent via une soulte), et un avenant bancaire qui retire l'ex-co-emprunteur du contrat de prêt.

Désolidarisation ou rachat de soulte : quelle différence ?#

Les deux notions sont liées mais distinctes :

  • La soulte est la somme versée par celui qui conserve le bien à celui qui s'en sépare, pour racheter sa part de propriété. C'est un acte civil, traité par le notaire.
  • La désolidarisation concerne uniquement le prêt bancaire. Elle libère le partant de son engagement de remboursement.

On peut techniquement racheter une soulte sans désolidariser (le prêt reste à deux) ou désolidariser sans soulte (les parts de propriété restaient déjà équilibrées). En pratique, dans la grande majorité des séparations, les deux opérations vont ensemble.

Cadre légal#

La désolidarisation s'appuie sur l'article 1216 du Code civil, qui prévoit qu'un contrat peut être cédé à un tiers ou modifié avec l'accord du créancier. La banque, en tant que créancier, dispose d'un pouvoir discrétionnaire : elle accepte ou refuse selon son analyse du risque.

Pour les couples mariés ou pacsés, la fiche F548 de Service-Public.fr précise les droits du co-emprunteur en cas de divorce ou de rupture, et les options ouvertes par la jurisprudence (vente du bien, désolidarisation, reprise par l'un des deux).

Quand demander une désolidarisation ?#

En cas de divorce#

C'est le cas le plus fréquent. Le notaire chargé de la liquidation du régime matrimonial intègre la désolidarisation dans l'acte de partage. Pour un mariage sous communauté réduite aux acquêts (le régime par défaut, qui concerne environ 80 % des couples mariés), la part de chacun dans le bien est de 50/50, sauf clause particulière. Pour une séparation de biens, on raisonne sur les apports réels de chaque conjoint.

En cas de rupture de PACS#

Le partage suit le régime choisi à la signature du PACS. Par défaut, les partenaires sont en séparation de biens depuis la réforme du 1ᵉʳ janvier 2007. Le bien acheté en commun est en indivision, et la désolidarisation s'opère selon les quotes-parts inscrites à l'acte d'achat.

En cas de séparation de concubinage#

Sans cadre juridique du couple, le partage se fait selon les apports prouvés (relevés bancaires, contrats d'origine) et les quotes-parts mentionnées à l'acte de propriété. La procédure bancaire reste identique : acte notarié, demande à la banque, étude de solvabilité, avenant.

Autres cas#

La désolidarisation peut également être demandée hors séparation : décès d'un co-emprunteur (avec ou sans clause d'assurance dédiée), donation entre conjoints, sortie d'indivision après héritage, ou simple réorganisation patrimoniale.

La procédure étape par étape#

Étape 1 : l'acte notarié#

Tout part du notaire. Il rédige l'acte qui formalise le rachat des parts par le co-emprunteur qui conserve le bien. Si une soulte est due, son montant y est inscrit. Le coût notarial varie selon la nature du bien (voir tableau plus bas).

Étape 2 : la demande écrite à la banque#

Une fois l'accord civil obtenu, vous adressez à votre banque une lettre recommandée avec accusé de réception (modèle plus bas) demandant la désolidarisation. Vous précisez les références du prêt, l'identité du co-emprunteur qui se retire et celle du repreneur.

Étape 3 : l'étude bancaire#

La banque va analyser la capacité du repreneur à assumer seul le remboursement. Trois indicateurs clés :

  • Le taux d'endettement (≤ 35 % des revenus nets selon les recommandations du HCSF)
  • Le reste à vivre après mensualités (variable selon la composition du foyer)
  • La stabilité professionnelle (CDI, ancienneté, revenus complémentaires éventuels)

Étape 4 : la signature de l'avenant et de l'assurance#

Si la banque accepte, vous signez un avenant au contrat de prêt. La quotité d'assurance emprunteur passe à 100 % sur le repreneur (au lieu de 50/50 ou 70/30 initialement), ce qui mécaniquement augmente la cotisation mensuelle.

Combien de temps prend la procédure ?#

Comptez 1 à 6 mois entre la demande et la signature de l'avenant :

  • 6 à 8 semaines pour un dossier simple et un repreneur clairement solvable
  • 3 à 4 mois en moyenne quand un courrier de relance est nécessaire
  • Jusqu'à 6 mois ou plus pour les dossiers complexes (revenus irréguliers, biens secondaires, contentieux entre ex-conjoints)

Modèle de lettre de désolidarisation#

À adresser en recommandé avec accusé de réception au service crédit de votre banque :

Objet : Demande de désolidarisation du prêt immobilier n° [référence du prêt]

Madame, Monsieur,

Par la présente, je sollicite la désolidarisation du prêt immobilier souscrit en date du [date de signature] auprès de votre établissement, sous le numéro [référence du prêt], d'un montant initial de [montant] euros.

Suite à [séparation / divorce / rupture de PACS / autre motif], je souhaite que [Nom Prénom du co-emprunteur qui se retire] soit libéré(e) de ses engagements liés à ce crédit. Je m'engage à reprendre seul(e) la totalité du remboursement et à fournir l'ensemble des justificatifs nécessaires à l'étude de mon dossier (revenus, charges, situation patrimoniale).

L'acte notarié de [rachat de soulte / partage / cession] est en cours auprès de Maître [Nom du notaire].

Vous remerciant par avance de l'attention que vous porterez à ma demande, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Signature des deux co-emprunteurs si possible]

Frais de désolidarisation : combien ça coûte ?#

Le tableau suivant récapitule les frais à prévoir. Ils s'additionnent et sont en général supportés par le co-emprunteur qui conserve le bien.

Type de fraisMontant moyenQui paieObligatoire
Notaire (acte de désolidarisation)7 % à 8 % de la part rachetée (ancien) ; 2 % à 3 % (neuf)Le repreneurOui
Soulte versée au co-emprunteur sortantSelon la valeur du bien et la quote-part rachetéeLe repreneurSi quote-parts inégales
Frais de dossier d'avenant bancaire300 € à 800 € selon la banqueLe repreneurOui
Indemnité de remboursement anticipé (IRA)Max 3 % du capital restant dû ou 6 mois d'intérêtsLe repreneurSi rachat externe
Frais de garantie (mainlevée ou nouvelle caution)0,3 % à 0,8 % du capital restant dûLe repreneurVariable selon la banque
Mise à jour assurance emprunteur (quotité 100 %)+30 % à +50 % de cotisation mensuelleLe repreneurOui

Que devient l'assurance emprunteur après désolidarisation ?#

Au départ, l'assurance emprunteur couvrait les deux co-emprunteurs avec une quotité partagée (par exemple 50/50 ou 70/30 selon les revenus). Après désolidarisation, le repreneur porte 100 % de la couverture.

Concrètement, cela se traduit par deux effets :

  • Une cotisation mensuelle plus élevée, en général de 30 % à 50 % par rapport à la quotité initiale du repreneur seul
  • Un nouveau questionnaire de santé si la banque l'exige, ou un avenant à l'assurance déléguée existante

C'est souvent à cette étape qu'il devient pertinent d'envisager la délégation d'assurance : un contrat externe peut, pour un même niveau de garantie, réduire la cotisation de 30 % à 50 % par rapport au contrat groupe de la banque (loi Lemoine, 2022).

Que faire si la banque refuse la désolidarisation ?#

Pourquoi la banque refuse-t-elle ?#

Le refus n'est jamais arbitraire. Il s'appuie en général sur un ou plusieurs de ces motifs :

  • Le taux d'endettement du repreneur dépasse 35 % une fois seul à rembourser
  • Le reste à vivre mensuel est jugé insuffisant compte tenu des charges du foyer
  • Le profil professionnel est instable (CDD, période d'essai, indépendant récent, intermittent)
  • Le capital restant dû est trop élevé par rapport aux revenus, même avec un taux d'endettement formellement correct
  • Le bien a perdu de la valeur et la garantie hypothécaire ne couvre plus le risque

Recours immédiats : négociation, médiateur, justice#

Trois leviers existent pour contester un refus :

  1. Négocier directement avec la banque en apportant des éléments complémentaires : épargne résiduelle, revenus locatifs, garantie d'un tiers, hypothèque renforcée
  2. Saisir le médiateur bancaire de votre établissement (gratuit, délai de réponse 90 jours), dont les coordonnées figurent sur votre relevé annuel ou sur le site de votre banque
  3. Recourir à la justice en dernier recours, notamment si le refus paraît disproportionné par rapport à votre dossier ou s'il a causé un préjudice (vente bloquée, surendettement)

Alternative 1 : le rachat de crédit externe#

Une autre banque peut accepter de racheter le prêt au nom du seul repreneur. C'est techniquement un nouveau crédit, qui solde le précédent. Cela permet de contourner un refus, mais cela déclenche les IRA, des frais de dossier complets et une nouvelle prise de garantie. Notre guide complet sur le refus de prêt immobilier détaille les écueils à éviter.

Alternative 2 : la vente du bien#

Si aucune solution de désolidarisation ne se profile, vendre le bien et solder le prêt reste la voie la plus simple sur le plan bancaire. Elle suppose un accord entre ex-conjoints sur le prix et la répartition du produit de la vente, ce qui en pratique est loin d'être systématique.

Alternative 3 : le leasing immobilier Hestia#

Lorsque la banque refuse parce que le repreneur n'est pas solvable seul, et que la vente n'est pas envisageable (logement familial, attachement, marché défavorable), une troisième voie existe : le leasing immobilier.

Le principe : Hestia rachète le bien au couple, ce qui solde le prêt et libère immédiatement les deux co-emprunteurs. Le conjoint qui souhaite rester devient locataire-accédant pendant 6 à 24 mois, avec la possibilité de racheter le bien à terme. Aucun nouveau crédit bancaire à monter, aucun questionnaire de santé, aucune étude de solvabilité classique. La procédure d'éligibilité repose sur la valeur du bien et la stabilité du loyer cible.

Rassurez-vous : c'est précisément la solution pensée pour les profils que les banques refusent en l'état (indépendants, divorcés, retraités, expatriés, professions à revenus irréguliers).

À retenir#

  • La désolidarisation suppose impérativement l'accord de la banque. Sans son feu vert, la clause de solidarité court toujours.
  • Comptez entre 1 et 6 mois de procédure et un budget de plusieurs milliers d'euros (notaire, dossier, garantie, assurance).
  • La banque examine le repreneur comme un emprunteur neuf : taux d'endettement ≤ 35 %, reste à vivre, stabilité professionnelle.
  • En cas de refus, plusieurs alternatives existent : recours bancaire, rachat de crédit externe, vente, ou leasing immobilier pour les profils atypiques.
  • Tant que la désolidarisation n'est pas signée, vous restez juridiquement engagé(e), même si vous avez quitté le logement depuis longtemps.

FAQ#

Sources#

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