- Mensualité plafond : 35 % du salaire net, assurance comprise (ex. 700 € pour 2 000 € de revenus).
- Capacité mono-salaire : de 104 000 € (1 700 € net, 20 ans) à 212 000 € (3 000 € net, 25 ans) aux taux de mai 2026.
- Sans apport : prêt à 110 % possible pour les profils stables (CDI confirmé, fonctionnaire, primo-accédant éligible au PTZ).
- Dispositifs cumulables : PTZ 2026, PAS, BRS, PSLA, prêt Action Logement à 1 %, don familial.
- Banque qui refuse : leasing immobilier ou PSLA pour devenir propriétaire sans validation bancaire stricte initiale.
Acheter avec un seul salaire et sans épargne, c'est intimidant. La plupart du temps, le premier conseiller bancaire répond non, presque par réflexe. Bonne nouvelle : ce projet reste tout à fait jouable en 2026, à condition de connaître les trois verrous bancaires (taux d'endettement, reste à vivre, stabilité), les leviers pour les contourner (durée, garanties, prêts aidés) et les voies de sortie si le crédit classique ne passe pas. Ce guide vous donne votre capacité d'emprunt précise par tranche de salaire, les dispositifs cumulables, les profils qui peuvent décrocher un financement à 110 %, et les alternatives non bancaires comme le leasing immobilier quand la banque dit non.
Sous quelles conditions ce projet est-il possible ?#
Le seuil 35 % d'endettement HCSF, le verrou principal#
Depuis 2022, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) fixe le taux d'endettement maximum à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur incluse. La règle est devenue contraignante en janvier 2022 : votre mensualité ne peut pas dépasser 35 % de votre salaire net mensuel, quels que soient les arguments que vous mettez sur la table. Concrètement, pour un revenu net de 2 000 €, la mensualité maximale tolérée est de 700 €, tout compris.
La banque dispose toutefois d'une marge de flexibilité de 20 % sur sa production trimestrielle de crédits, qui peut être activée pour déroger à la règle des 35 %. Cette marge est en pratique réservée prioritairement aux primo-accédants en résidence principale (au moins 70 % de la marge) et secondairement aux investissements locatifs. Si vous achetez votre première résidence principale en mono-salaire, votre dossier peut donc être étudié au-delà du plafond, mais la décision reste à la main du comité de crédit.
Le reste à vivre minimum exigé par les banques#
Le reste à vivre correspond à ce qui reste de vos revenus une fois la mensualité de crédit déduite, après charges récurrentes (loyer si vous êtes encore en location, pension alimentaire, assurance, impôts mensualisés). Les banques exigent en général un reste à vivre compris entre 700 et 1 000 € par adulte, et 300 à 400 € supplémentaires par enfant à charge. Aucune obligation réglementaire ici : c'est une norme interne propre à chaque établissement.
Concrètement, si vous êtes célibataire à 2 000 € net et que vous remboursez 700 € de mensualité, il vous reste 1 300 € de reste à vivre : ça passe partout. En couple avec un seul actif à 2 000 € et deux enfants à charge, vous n'avez plus que 1 300 € pour quatre personnes, et le dossier peut bloquer même si les 35 % sont respectés. Le reste à vivre est donc le second filtre invisible, derrière le taux d'endettement.
La stabilité professionnelle, l'autre filtre invisible#
Le profil emprunteur idéal pour un dossier mono-salaire est le CDI confirmé (hors période d'essai) avec au moins 3 mois d'ancienneté, ou le statut de fonctionnaire. Les banques traitent aussi favorablement les CDI longs dans des entreprises stables (groupes, ETI), même avec moins d'ancienneté.
Si vous êtes en CDD court, en intérim, auto-entrepreneur ou indépendant en début d'activité, attendez-vous à des justificatifs supplémentaires systématiques : 3 ans de bilans pour les indépendants, lissage des revenus variables sur 24 à 36 mois, parfois une caution complémentaire. Sans cette stabilité minimale, un dossier mono-salaire sans apport part avec un handicap.
Quelle capacité d'emprunt avec un seul salaire ?#
Combien peut-on emprunter avec 1 700, 2 000, 2 500 ou 3 000 € net mensuels ?#
Pour visualiser concrètement votre capacité, le tableau ci-dessous croise le salaire net mensuel et la durée du prêt aux taux moyens de mai 2026 (la Banque de France relevait un taux moyen de 3,17 % en janvier 2026, le baromètre CAFPI d'avril 2026 affichait 3,38 % sur 25 ans). Les chiffres sont calculés hors assurance emprunteur, sur une mensualité au plafond HCSF de 35 %.
| Salaire net | Mensualité plafond (35 %) | Capacité 20 ans | Capacité 25 ans | Statut bancaire |
|---|---|---|---|---|
| 1 700 € | 595 € | ~104 000 € | ~120 000 € | Limite, accord conditionnel |
| 2 000 € | 700 € | ~122 000 € | ~142 000 € | Possible |
| 2 500 € | 875 € | ~152 000 € | ~177 000 € | Confortable |
| 3 000 € | 1 050 € | ~183 000 € | ~212 000 € | Confortable |
Estimations hors assurance emprunteur (~0,34 % du capital initial selon CAFPI), sur la base d'une mensualité au plafond HCSF de 35 %, taux 3,38 % sur 20 et 25 ans. Sources : Banque de France janvier 2026, baromètre CAFPI avril 2026.
À noter : sans apport, ces capacités d'emprunt doivent être amputées des frais de notaire (7 à 8 % du prix dans l'ancien, 2 à 3 % dans le neuf) et des frais de garantie (1 à 2 %). Pour 142 000 € empruntés sans apport en mode 110 %, le prix d'achat réel se situe autour de 130 000 €.
Les revenus pris en compte par la banque#
Tous les revenus ne sont pas comptabilisés à 100 %. Le salaire net imposable issu d'un CDI ou d'un statut de fonctionnaire est pris en compte intégralement. Les primes (13e mois, ancienneté, intéressement) sont retenues à 80 % à 100 % si elles sont contractuelles et régulières. À l'inverse, les commissions variables, bonus exceptionnels, heures supplémentaires ou revenus locatifs sont décotés de 20 à 30 %.
Les allocations familiales et autres prestations sociales (RSA, AAH, APL) sont en général écartées du calcul, sauf chez quelques banques qui les comptent à 50 % pour la part régulière. Si vous montez un dossier mono-salaire, mieux vaut donc vous baser sur le salaire net stable, sans surestimer la part variable. Pour creuser ce que votre conseiller regarde vraiment, lisez notre guide sur ce que vérifie la banque pour un prêt immobilier.
L'impact d'un co-emprunteur, même sans revenus#
Co-emprunter avec un conjoint, un parent ou un partenaire de PACS modifie la structure du dossier de deux manières. Avec revenus, le co-emprunteur ajoute son salaire au numérateur du taux d'endettement, ce qui élève le plafond de mensualité. Sans revenus (parent au foyer, conjoint en formation, retraité), le co-emprunteur n'augmente pas la capacité brute, mais il ouvre un nouveau profil de garantie pour la banque (caution réelle, hypothèque sur un bien personnel, ou simple solidarité de remboursement).
Pour les couples mariés ou pacsés, l'engagement reste solidaire en cas de séparation, sauf désolidarisation formelle après accord bancaire. Pour comprendre les implications juridiques, lisez notre guide sur le crédit contracté par un seul époux.
Suis-je éligible : faites le test#
Avant de démarcher les banques ou d'explorer les alternatives, situez votre dossier en quelques minutes. Le simulateur ci-dessous croise vos chiffres avec les critères HCSF 2026 (taux d'endettement, stabilité professionnelle, apport, co-emprunteur) et vous oriente vers le bon levier : banque classique, dossier à renforcer, ou voie alternative.
Ma banque va-t-elle dire oui à mon projet ?
Simulation simplifiée.Ce calculateur donne une première orientation. Pour une analyse précise et personnalisée de votre dossier, nos experts l'étudient gratuitement.
Foyer entier
Crédits, pensions…
Épargne, donation, vente d'un bien…
Celui qui représente le revenu principal
Comment compenser l'absence d'apport ?#
Le prêt à 110 % : ce que ça signifie vraiment#
Un prêt à 110 % désigne un financement bancaire qui couvre non seulement le prix du bien (100 %) mais aussi les frais annexes (notaire, garantie, dossier), portant le ratio total à 110 % de la valeur d'achat. Concrètement, pour une maison à 130 000 €, la banque prête 143 000 € au total : 130 000 € pour l'acquisition et 13 000 € pour les frais.
Ce type de financement reste exceptionnel en 2026 et n'est jamais affiché commercialement. La banque l'accorde au cas par cas sur des profils stables (CDI long, fonctionnaire), généralement primo-accédants, en compensation soit d'une épargne placée par ailleurs (assurance-vie, PEA), soit d'une éligibilité au PTZ qui joue le rôle d'apport implicite. Le taux proposé est en général majoré de 0,2 à 0,4 point par rapport au meilleur taux du marché.
Allonger la durée du prêt jusqu'à 25 ans#
Étirer la durée du prêt fait baisser la mensualité et augmente mécaniquement la capacité d'emprunt. Pour un revenu de 2 000 € et une mensualité plafond de 700 €, passer de 20 à 25 ans à 3,38 % fait gagner environ 20 000 € de capacité (de 122 000 € à 142 000 €). C'est souvent ce qui permet de boucler un dossier mono-salaire sur la limite des 35 %.
La règle HCSF plafonne la durée à 25 ans, avec une dérogation de 2 ans pour le neuf et la VEFA (donc 27 ans maximum). Le revers est mécanique : le coût total des intérêts grimpe, parfois de 50 à 60 % en passant de 20 à 25 ans à mensualité fixe. À évaluer en regard de la durée probable de détention du bien.
Apporter des garanties supplémentaires (caution, hypothèque, IPPD)#
Sans apport, la banque cherche à compenser le risque par une garantie réelle sur le bien financé ou sur un autre patrimoine. Trois options existent :
- La caution mutuelle (Crédit Logement, CAMCA, CMH) reste la moins coûteuse et la plus flexible : 1 % à 1,5 % du capital, partiellement restitué en fin de prêt.
- L'hypothèque conventionnelle est plus chère (1,5 % à 2 % du capital, frais de notaire) mais accessible pour les profils refusés en caution.
- L'Inscription en Privilège de Prêteur de Deniers (IPPD) est une variante d'hypothèque réservée à l'ancien, sans taxe de publicité foncière, donc moins onéreuse que l'hypothèque classique.
Pour les dossiers mono-salaire sans apport, la caution mutuelle reste la voie standard. L'hypothèque ou l'IPPD sont sollicitées quand l'organisme de caution refuse.
Mobiliser un don familial ou un prêt familial#
Un don familial ou un prêt familial se substitue à l'apport épargne et reste très bien perçu par les banques, à condition d'être correctement formalisé (acte notarié pour le don au-delà de 1 500 €, reconnaissance de dette pour le prêt). En 2026, l'abattement fiscal sur un don d'argent d'un parent à un enfant majeur reste de 100 000 € tous les 15 ans, plus un abattement spécifique de 31 865 € au titre du don familial de sommes d'argent, renouvelable tous les 15 ans (source economie.gouv.fr).
Un don de 10 000 € à 30 000 € transformé en apport peut transformer un dossier limite en dossier confortable, en couvrant les frais de notaire et en réduisant le ratio prêt/valeur. Le prêt familial, lui, n'est pas considéré comme un apport au sens strict mais peut alléger la mensualité bancaire si les modalités de remboursement sont compatibles avec le taux d'endettement.
Les dispositifs d'aide cumulables avec un seul salaire#
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) 2026#
Le PTZ a été réformé au 1er avril 2025 et reste accessible sur toute la France (zones A, B1, B2, C) pour le neuf collectif et l'individuel sous conditions, ainsi que pour l'ancien avec travaux dans les zones B2 et C. Il finance jusqu'à 50 % du prix dans les zones les plus tendues pour les primo-accédants éligibles, avec un différé de remboursement pouvant atteindre 15 ans selon les revenus.
Le plafond de revenus est de 28 800 € net annuels en zone A pour une personne seule, soit 2 400 € par mois. À 2 000 € net, vous êtes éligible dans la plupart des zones. Le PTZ ne se substitue pas à l'apport, mais il rassure la banque sur le projet : il joue le rôle d'apport implicite parce qu'il est non rémunéré et qu'il diffère le remboursement.
Le Prêt d'Accession Sociale (PAS) et le Prêt Conventionné#
Le PAS est un prêt conventionné réservé aux ménages modestes pour la résidence principale. Il ouvre droit à des frais de garantie réduits, à un taux plafonné légèrement supérieur aux meilleurs taux marché, et historiquement à l'APL accession (suspendue pour les nouveaux dossiers depuis 2018, quelques exceptions territoriales subsistent). Le Prêt Conventionné classique est sa variante sans condition de revenus.
Pour un revenu de 2 000 €, le PAS reste accessible et permet de cumuler avec le PTZ. C'est typiquement le montage privilégié pour un primo-accédant mono-salaire.
Le Bail Réel Solidaire (BRS) : 20 à 40 % de décote sur le prix#
Le BRS dissocie le foncier (porté par un Organisme de Foncier Solidaire, OFS) du bâti (acquis par le ménage). Vous achetez le bâti à un prix décoté de 20 à 40 % par rapport au marché et payez une redevance foncière modique à l'OFS. À la revente, le prix de cession est plafonné, ce qui maintient l'effort d'accession sociale dans le temps.
Pour un mono-salaire à 2 000 €, le BRS multiplie quasiment la capacité d'achat par 1,3 à 1,7. Les plafonds de revenus sont alignés sur les barèmes du logement social (PLS, PLUS) et accessibles à la plupart des foyers mono-actifs en zone tendue. La liste des opérations BRS en cours est publiée sur le site de l'ANIL.
Le PSLA : devenir propriétaire après une phase locative#
Le PSLA (Prêt Social Location-Accession) permet d'acquérir un logement neuf après une phase locative de 6 mois à 4 ans, pendant laquelle vous payez une redevance partiellement convertible en apport. À l'issue de la période, vous levez l'option d'achat et devenez propriétaire au prix négocié initialement.
Le PSLA est réservé au neuf, soumis à plafonds de revenus, et conditionne l'opération à une opération immobilière encadrée par un opérateur agréé. Pour un mono-salaire sans apport et sans capacité immédiate à boucler un crédit, c'est une voie sérieuse à condition d'accepter les contraintes (programme défini, zone, type de logement). Le leasing immobilier privé fonctionne sur un mécanisme similaire mais ouvert à tout le marché secondaire.
Action Logement : prêt accession et avance sur frais#
Si vous êtes salarié d'une entreprise privée non agricole de plus de 10 salariés, vous pouvez solliciter le prêt Action Logement Accession : jusqu'à 30 000 € à 1 % de taux fixe, sur 25 ans. Ce prêt s'ajoute à votre prêt principal et augmente directement votre capacité d'environ 30 000 € à mensualité quasi-identique (le taux ultra-bas réduit la part d'intérêts).
Action Logement propose aussi une aide à la mobilité et des avances sur frais de notaire pour les ménages en mobilité professionnelle. Pour un mono-salaire, le combo PTZ + Action Logement + prêt principal couvre très souvent l'intégralité du financement sans exiger d'apport personnel constitué. Pour le panorama complet, consultez notre guide complet pour acheter sans argent.
Profils particuliers : célibataire, couple mono-actif, sans CDI#
Acheter une maison seule sans apport#
Si vous êtes célibataire, ce n'est pas votre revenu en valeur absolue qui pose problème, mais deux choses : la constitution de l'apport, plus lente quand vous épargnez sur un seul salaire, et la lecture du risque par la banque, qui voit un seul payeur, donc une seule défaillance possible.
Les leviers qui marchent : viser des villes moyennes où une capacité de 120 000 à 180 000 € achète encore du T2 ou T3, mobiliser systématiquement le PTZ et le prêt Action Logement, et présenter un compte irréprochable sur les 6 derniers mois (pas de découvert, pas de crédit conso). Pour un dossier dédié, lisez notre guide pour acheter seul une maison.
Couple avec un seul CDI : comment maximiser l'acceptation#
Si vous achetez à deux avec un seul actif (un CDI et un conjoint au foyer, en formation ou au chômage), votre dossier reste recevable, à condition de respecter scrupuleusement le reste à vivre. Pour 2 000 € de revenus à deux, la mensualité plafond de 700 € laisse 1 300 € pour deux adultes : vous êtes pile dans la fourchette basse acceptée. Avec un enfant, vous tombez sous le seuil bancaire usuel.
Ce qui marche en pratique : co-emprunter avec votre conjoint sans revenus en simple solidarité (sans hypothèque sur un bien tiers), allonger la durée à 25 ans pour faire baisser la mensualité, et compléter avec un PTZ qui ne pèse pas sur les 35 % pendant la phase de différé. Si vous anticipez un retour à l'emploi du second conjoint dans les 12 à 24 mois, certaines banques tiennent compte de cette projection sur dossier argumenté.
Acheter sans apport et sans CDI : ce qui change#
Combiner sans apport et sans CDI, c'est le scénario le plus dur en circuit bancaire classique. Si vous êtes indépendant ou auto-entrepreneur, comptez sur 3 ans de bilans positifs exigés (parfois 2 ans en banque privée), avec des revenus lissés sur 24 à 36 mois. En CDD long ou en intérim, votre revenu est décoté de 30 à 50 % par la banque. Dans ces cas-là, les solutions de financement classique se raréfient.
Deux pistes pour ces profils : passer par un courtier spécialisé (Pretto, Cafpi, Empruntis, Vousfinancer) qui connaît les banques régionales acceptant les profils atypiques, ou explorer une voie alternative comme le leasing immobilier ou le PSLA, conçues pour les profils que les banques refusent malgré une capacité de remboursement réelle. Pour le détail des montages avec garant, lisez notre guide prêt immobilier sans CDI avec garant.
Que faire si la banque refuse votre crédit ?#
Comprendre le motif du refus#
Rassurez-vous : un refus bancaire n'est presque jamais arbitraire. Les motifs récurrents sur un dossier mono-salaire sans apport sont : dépassement des 35 % (cas le plus fréquent), reste à vivre insuffisant (foyer avec enfants, charges récurrentes), profil instable (CDD, période d'essai, indépendant en début d'activité), compte mal tenu (découverts, crédits conso parasites sur 3 mois), bien à risque (passoire thermique DPE F ou G, bien isolé sans demande locative).
Demandez systématiquement le motif écrit du refus : la banque est tenue de le fournir. Ce document permet de cibler précisément le levier à activer pour passer ailleurs (allongement, garantie, baisse du prix négociée). Pour un panorama des stratégies post-refus, lisez notre guide complet sur le refus de prêt immobilier.
Trois leviers pour repasser la banque#
Avant de jeter l'éponge, trois leviers permettent de retravailler un dossier refusé sans changer fondamentalement le projet :
- Allonger la durée de 20 à 25 ans pour baisser la mensualité et passer sous le 35 % (gain de 15 à 20 % de capacité).
- Apporter une garantie supplémentaire (caution familiale solidaire, hypothèque sur un bien parental, nantissement d'une assurance-vie).
- Baisser le prix en renégociant avec le vendeur (5 à 10 % sur un bien resté longtemps en vente, surtout en zone détendue), ou changer de bien pour viser plus modeste.
Si ces trois leviers ne suffisent pas, le crédit classique n'est pas le bon véhicule pour votre projet, et il faut envisager une voie alternative.
L'alternative non bancaire : le leasing immobilier#
Le leasing immobilier est un dispositif d'accession progressive qui permet de devenir propriétaire sans passer par une validation bancaire classique au démarrage. Le principe : un opérateur (Hestia) achète le bien à votre place, vous y emménagez immédiatement et payez une mensualité fixe pendant 6 à 24 mois (loyer + part d'épargne accumulée), puis vous levez l'option d'achat en mobilisant un crédit classique avec un dossier renforcé (épargne accumulée jouant le rôle d'apport, historique de paiement irréprochable).
Ce mécanisme contourne le verrou des 35 % HCSF pendant la phase locative parce que vous payez un loyer, pas une mensualité de crédit, ce qui ne s'inscrit pas au taux d'endettement bancaire. Le leasing s'adresse en priorité aux profils refusés malgré une capacité réelle : indépendants en début d'activité, expatriés de retour, divorcés en transition, mono-salariés avec reste à vivre serré, primo-accédants sans apport constitué.
Le leasing n'est en revanche pas adapté à tous les profils. Il ne tient pas la route si votre capacité d'emprunt finale (à la levée d'option) ne permet toujours pas de boucler le crédit, ni si vous pouvez décrocher un crédit classique à des conditions plus favorables dès maintenant. Pour le détail du mécanisme, voir notre guide complet du leasing immobilier.
| Critère | Prêt bancaire classique mono-salaire | Leasing immobilier Hestia |
|---|---|---|
| Validation bancaire au démarrage | Indispensable, refus possible | Non requise initialement |
| Apport personnel exigé | 10 % minimum (frais de notaire, garantie) | Apport de 4 % seulement, frais de notaire inclus au rachat |
| Plafond 35 % HCSF | Verrou principal en mono-salaire | Loyer hors taux d'endettement pendant la phase locative |
| Profil atypique accepté | Difficile (CDI exigé, 3 ans de bilans pour les indépendants) | Oui (indépendants, expatriés, divorcés, mono-salariés) |
| Durée avant propriété pleine | Immédiate (signature acte authentique) | 6 à 24 mois (levée d'option) |
À retenir#
- Trois conditions cumulatives pour un mono-salaire sans apport : taux d'endettement ≤ 35 % HCSF, reste à vivre ≥ 700 à 1 000 € par adulte, stabilité professionnelle (CDI confirmé, fonctionnaire, ou indépendant 3 bilans).
- Capacité d'emprunt : de 104 000 € à 212 000 € selon le revenu (1 700 à 3 000 € net) et la durée (20 ou 25 ans), aux taux moyens de mai 2026 (3,15 % à 3,38 %).
- Sans apport : prêt à 110 % possible mais réservé aux profils stables. Compenser par allongement à 25 ans, garanties (caution mutuelle, hypothèque, IPPD) et don familial.
- Dispositifs cumulables : PTZ 2026 (jusqu'à 50 % du neuf), PAS, BRS (décote 20 à 40 %), PSLA, prêt Action Logement à 1 %, aides locales via l'ADIL.
- Profils particuliers : célibataire, couple mono-actif, indépendant. Le PTZ et le BRS multiplient l'accès en zone tendue.
- Si la banque refuse : tester au moins 4 banques via courtier, allonger, garantir, baisser le prix. Si rien ne passe, le leasing immobilier ou le PSLA permettent une accession progressive sans validation bancaire stricte initiale.
FAQ : vos questions sur l'achat sans apport mono-salaire#
Oui, à trois conditions cumulatives : votre taux d'endettement reste sous 35 % de vos revenus nets (norme HCSF), votre reste à vivre couvre au moins 700 à 1 000 € par adulte, et votre stabilité professionnelle rassure la banque (CDI confirmé, fonctionnaire, ou indépendant avec 3 bilans). Sans apport, la banque finance alors jusqu'à 110 % du projet, frais de notaire inclus. Hors de ces conditions, des alternatives non bancaires comme le leasing immobilier ou le PSLA permettent d'accéder à la propriété sans validation bancaire classique.
Pour 150 000 € empruntés sur 25 ans à 3,38 % (taux moyen CAFPI avril 2026), la mensualité hors assurance est d'environ 740 €. Avec la règle des 35 % d'endettement HCSF, le revenu net minimum requis tourne autour de 2 115 € par mois. Sur 20 ans, la mensualité monte à 858 € et exige environ 2 450 € net. Sans apport, ajoutez 7 à 8 % pour les frais de notaire dans l'ancien, ce qui peut décaler le besoin réel de financement à 161 000 €.
Avec 2 000 € net mensuels, votre mensualité plafond est de 700 € (35 % HCSF). Aux taux moyens de mai 2026 (3,15 % à 3,38 % selon CAFPI et Banque de France), cela représente une capacité d'emprunt d'environ 100 000 € sur 15 ans, 122 000 € sur 20 ans et 142 000 € sur 25 ans, hors assurance. Sans apport, la banque doit financer en plus les frais de notaire (7 à 8 % dans l'ancien), ce qui réduit le prix d'achat accessible d'autant.
Oui. Un CDI confirmé (hors période d'essai) reste le profil le plus rassurant pour les banques, même en mono-salaire. Le foyer mono-actif (couple avec un seul actif, célibataire) doit principalement respecter le taux d'endettement de 35 %, le reste à vivre minimum (700 à 1 000 € par adulte selon les banques) et présenter un compte bien tenu sur les 3 derniers mois. La présence d'un co-emprunteur sans revenus n'augmente pas la capacité, mais rassure sur la stabilité du foyer (caution réelle ou solidaire selon la banque).
Aucune banque ne communique officiellement sur le financement à 110 %, mais la pratique reste possible au cas par cas. Les Caisses d'Épargne régionales, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et la Banque Populaire acceptent des dossiers sans apport sur des profils ciblés : jeunes actifs primo-accédants en CDI, fonctionnaires, ménages éligibles au PTZ qui joue le rôle d'apport implicite. Les banques en ligne (Boursorama, Fortuneo, Hello bank!) refusent en principe les financements à 110 %. Un courtier reste l'intermédiaire le plus efficace pour identifier l'établissement aligné avec votre profil.
Partiellement. Le Prêt à Taux Zéro 2026 ne se substitue pas à l'apport au sens strict (il ne couvre pas les frais de notaire), mais il joue le rôle d'un apport implicite aux yeux de la banque parce qu'il est non rémunéré et différé. Depuis le 1er avril 2025, le PTZ est étendu à toute la France pour le neuf et finance jusqu'à 50 % du prix dans les zones tendues. Combiné à un Prêt Action Logement (jusqu'à 30 000 € à 1 %) ou à un don familial, il permet souvent de boucler un dossier sans apport personnel constitué.
Cet article fait partie de notre guide complet pour acheter sans argent et de notre série sur l'apport personnel.
Sources#
- HCSF, Décision n° D-HCSF-2021-7 sur les conditions d'octroi des crédits immobiliers (taux d'endettement 35 %, durée maximale 25 ans + 2 ans neuf, marge de flexibilité 20 %)
- Banque de France, Statistiques sur les taux des crédits immobiliers, janvier 2026
- Service-Public.fr, Prêt à Taux Zéro (PTZ) 2026, conditions, plafonds, zones
- Action Logement, Prêt Accession à 1 %
- ANIL, Bail Réel Solidaire, PSLA, accession sociale, aides locales